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Jeudi 20 janvier 2005
Petite chanson d'Alain Chamfort
Ce n'est que moi
Bonjour mademoiselle
- Écoutez j’vous trouve très mignonne-
Voilà j’me présente j’m’appelle Alain Chamfort
Vous me reconnaissez peut-être ?…
Non ?
Je suis chanteur de variétés
Et je passe parfois dans le poste…
C’est ça… Manureva c’était moi…
C’était votre chanson préférée ?…
Ah bon ! ! celle de votre mère…
Oui…
A propos… vous habitez chez vos parents ?
Refrain
Ce n’est que moi
Ne craignez rien
Ce n’est que moi
Votre vieil Alain
J’demande quand même pas le Pérou
J’demande qu’on m’aime
Et puis c’est tout.
Vous n’avez jamais acheté un seul de mes disques ?
Mais non mademoiselle je n’suis pas vexé…
- Pas du tout ! vous savez les goûts et les couleurs…
Chacun a droit à son opinion, c’est bien…
De toute façon entre gens évolués on finit
Toujours par se trouver un terrain d’entente…
Par exemple, physiquement vous me plaisez beaucoup…
Heu, attention je n’vous prend pas pour une fille facile hein ! ! !
(refrain)
Dites moi , mademoiselle, par simple curiosité,
Qu’est ce que vous lui reprochez au juste à ma musique ?
Trop mièvre ?… Pas assez rock ?…
Gentillet !…
Vous aussi vous trouvez ça ?
Ma maison de disques me dit ça,
Les journalistes l’écrivent, mon ex-femme n’arrête pas de me le répèter
- ça doit sûrement être vrai – mais bon , je suis comme je suis…
Qu’est ce que je peux faire ?… A moins que…
Vous voulez pas être mon manager ? ?
Ce n’est que moi
Ne craignez rien
Vous avez vraiment de beaux yeux ! !
Je suis sûr qu’on est fait l’un pour l’autre ! !
Je vais faire une chanson sur vous, vous verrez ce sera un tube
C’est quoi votre petit nom ?
Gabrielle ? Ah ! ça a déjà été fait…
C’est pas grave on va dire Gaby alors…
Oui ça aussi…
Eh bien … Gab ? ça rime avec… valab !
Vous voyez on est bien partis !
Quand j’vous disais qu’on était faits l’un pour l’autre ! !
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Formidable | 2005-01-20 10:28:48
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Mercredi 22 décembre 2004
Passer de la rencontre à la relation
Comment passe-t-on de la rencontre à la relation à l'ère de l'individualisme à tout crin et de la marchandisation des relations, à l'heure où même Chouchou et Loulou (Jean Dujardin et Alexandra Lamy, qui ont incarné "Un gars, une fille" pour France 2) ne sont plus ensemble ?
Sans doute serait-ce bien aussi qu'il n'y ait pas trop de commentaires et de réflexions sur cette question, cela montrerait qu'elle n'est pas si fondamentale ...
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Formidable | 2004-12-22 10:52:54
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Mardi 6 juillet 2004
De quoi parle-t-on ici ?
Qu'est-ce qu'une rencontre ? C'est le rendez-vous secret de deux hasards selon J. Hoestlandt (A pas de louve).
Nous tenterons donc de répondre à la question ou plutôt de problématiser la thématique de la rencontre : ça vous parle ? Vos témoignages sont les bienvenus ainsi que vos commentaires.
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Formidable | 2004-07-06 19:35:51
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Mardi 6 juillet 2004
Un témoignage de Françoise
" Pascal a débarqué dangereusement dans ma vie. Il a même failli me renverser. Il faut dire que je ne regarde pas toujours devant moi surtout lorsque je pratique le tango. Le tango, c'est "rencontrer la danse et danser la rencontre". Tout un programme. Il avait pris son pied... dans mes pas et une marque violacée était apparue au-dessus de sa malléole droite, et en un quart de seconde, je me suis dit que cette marque venait d'être provoquée par notre choc. Plus tard j'appris que Pascal avait failli mourir étouffé par son cordon ombilical à sa venue au monde, c'est d'ailleurs pour cette raison, en réalité, qu'il omet généralement de boucler sa ceinture de pantalon... qui tomba donc et lui fit perdre l'équilibre. Tandis qu'il s'inquiétait pour moi à la suite de ce petit accrochage, j'ai également ressenti une emprise instantanée sur moi, je ne devais plus dire n'importe quoi, son regard avait de l'importance. Pour préserver une chance de le revoir, j'ai dit que j'allais le "prendre en main" car s'il a le rythme dans la peau, il ne maîtrise pas les pas. Et il m'a demandé mon numéro de téléphone afin de prendre de mes nouvelles. Il m'a rappelé deux jours plus tard et son naturel (cette possibilité de se parler simplement sans chichis étant certainement due aux circonstances de notre rencontre) a ôté toute gêne en moi, je peux dire qu'il a révélé et fait émerger mon humour, en fait avec simplicité. Je me sentais bien, libérée, et c'était réciproque. Tout ça peut paraître idéaliste, cette arrivée du prince charmant, mais finalement tout me paraît logique et normal. Quant à savoir pourquoi, à ce moment-là je pourrais simplement dire que c'est la vie, qu'il y a un mystère qui dépend surtout de ma capacité à accepter ce genre de petits chocs, de ne pas y être hermétique. Nous venons d'acheter une maison il y a cinq mois."
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Formidable | 2004-07-06 19:00:19
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Mardi 6 juillet 2004
"La Rencontre" selon Christine Strohl-Grün
Qu'est-ce qu'une Rencontre? A quoi sert La Rencontre? Qu'est-ce qui fait qu'il y a ou non Rencontre? Au-delà du coup de foudre ou de l'échange de quelques mots (voir plus) dans un magasin ou un café, qu'est-ce qui fait qu'il y a ou non "rencontre"?
La Rencontre a cela de différent avec le fait de côtoyer des gens voir de communiquer par simple empathie - parce qu'on est un être humain qui rencontre un autre être humain et qu'on tient à le lui faire savoir. Wouaf! Wouaf!- , qu'elle cherche à engager un début de relation.
Ah! L'engagement! C'est bien ce qui bloque dans l'époque ! La peur d'une aliénation qui nous empêcherait de vivre libre. C'est à dire égoïstement repliés sur nous-même. Paradoxe ou rapport direct : nous vivons dans une société d'abonnés, ou tels des contrats multirisques, notre vie est quadrillée de toute part. Saucissonnée, attachée à des (bout de) ficelles ou des boulets coûteux. Téléphone, portable(s), satellite, internet, cinéma, salle de sport, crédits à gogo. Avec les cartes d'abonnement, on paye avant de consommer. Et avec les cartes de crédit, on consomme avant d'avoir payé.
La vie à crédit fait perdre à la vie tout crédit. Alors que dire de la rencontre? Etre attaché, "abonné", à un autre que soi. Qui va nous renvoyer le miroir permanent de la dérive du temps. Jamais l'expression: "le temps c'est de l'argent", n'a été aussi proche de la réalité. Le temps devient virtuel: payable à la seconde, à la minute, à l'heure. Abonné, avec ou sans forfait. Avec ou sans engagement. Avec ou sans carte. Rechargeable ou non. Que peut être la rencontre, si ce n'est une carte (à jouer?) de plus. A chacun de choisir sa formule.
Par les temps qui courent, c'est la non fidélité qui prime. La concurrence fait rage. C'est la prime à la manipulation. A celui qui tirera le plus vite. L'herbe est toujours plus rouge, plus orange, plus verte, plus rose ou plus bleue, ailleurs. Selon le registre dans lequel on se place. Mais tout et tout le monde devient interchangeable. Réfléchit, raisonne, compare, soupèse, négocie. Sans état d'âme et sans affect. On ne s'attache plus à rien. Dans un monde ou les liens fictifs, factices, éphémères, commerciaux, matériels sont si présents et si prégnants. La vérité se trouve dans la rentabilité. Le client est roi. Et gare à celui qui n'a pas les moyens de payer ou d'afficher les prix.
De toute façon, et quoi qu'il en soit, personne n'en sortira gagnant. Ni vivant. Quoi d'étonnant dans un tel contexte que la rencontre elle-même, gratuite par excellence et par définition, soit source de transaction financière. On se décharge de l'inattendu, du hasard pour lequel, il faut à présent prendre rendez-vous. En payant des organismes qui vous mettent en contact quelques minutes avec des congénères (de sexe opposé pour les hétéros). Un stylo et un QCM (questionnaire à choix multiples) à la main, on cherche à court-circuiter le hasard qui crée la rencontre. Faites votre choix. Internet obligatoire pour la réponse. Notre offre a-t-elle intéressée quelqu'un? Allez! Demain tout doit disparaître. On en aura peut-être deux pour le prix d'un ! Au suivant!
La vraie Rencontre demanderait justement de s'affranchir de tous ces parasites qui nous sollicitent en permanence, en prétendant nous protéger. Mais de qui, finalement? De nous-même? De l'Autre?
... Alors qu'ils nous protègent surtout de La Rencontre. Tout court.
http://www.strasmag.com/04_dossiers/30_rencontre/rencontre_ch.htm
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Formidable | 2004-07-06 18:31:06
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Mardi 6 juillet 2004
La différence des sexes est-elle visible ? Quand 1+1 n'égale pas 2 ...
Jacques AUMONT (dir) la Différence des sexes est-elle visible ? Les hommes et les femmes au cinéma, Conférences du Collège d'histoire de l'art cinématographique, Cinémathèque française, Musée du cinéma, 2000
Ces hommes et ces femmes au cinéma ne sont pas figés par l'apparence de leur communauté sexuée mais pris dans un réseau complexe de circulations et d'échanges, dont procède, en cinéma, la description de la figure humaine. “ Réfléchir sur l'invention, par le cinéma, de figures, non de l'Homme, mais de la Différence humaine princeps ou – c'est déjà davantage affaire de croyance et d'engagement personnel – de la Relation humaine princeps, celle entre les hommes et les femmes ”. Cette problématique est formulée par Jacques Aumont. Un plus un n'égalent pas deux, mais un ou trois, éventuellement plus. Le recueil est d'ailleurs organisé en quatre parties : “ L'essence de la différence ”, “ les rapports : "sexuels" et autres ”, “ le féminin ” et “ moments du couple ”. Le projet d'Aumont vise à reformuler en termes figuratifs un problème mythique et anthropologique éminemment fictionnel (qu'est-ce qu'une rencontre ?), et dont l'évidence cinématographique a trop vite masqué la diversité et la complexité des solutions visuelles.
Aucun texte ne répond à cette ambitieuse question mais sans doute les plus percutants sont ceux qui prennent le problème à bras le corps, moins en cadenassant “ l'attribution ” des rôles sexuels qu'en décrivant le “ vagabondage ” entre ces rôles, pour reprendre la belle distinction établie par Francis Bordat. Citons, entre autres, la quête hollywoodienne d'“ androgynie ” par Denis Levy, cette “ capacité à occuper alternativement la position de l'homme et la position de la femme dans le processus amoureux ”, ou encore la passionnante recherche conceptuelle d'Alain Fleisher sur le charme, cette “ photogénie de l'âme ”, dont le cinéma est le seul mode de représentation à savoir restituer la dimension auratique.
Le sujet traité offre quantité de pistes de travail, grâce aux rapprochements féconds entre les films (surtout américains) ou aux idées lâchées, prêtes à être cueillies et développées (le baiser sur la bouche : une invention du cinéma, selon Marie-Anne Guérin), de sorte que le modèle utilitaire de cet ouvrage est le livre de recettes, de ceux qui proposent alliances et mixages, sauces et breuvages (philtres ?), incitant à poursuivre et expérimenter. Outre un travail iconographique remarquable, qui fera remonter bien des souvenirs à la surface, ce livre montre que la guerre des sexes se prête également à la publication de contributions orales.

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Formidable | 2004-07-06 18:23:17
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